Régulièrement lorsque je rentre chez moi, je découvre une enveloppe personnalisée dans ma boîte aux lettres. Elles sont toutes colorées, décorées et créatives. Je suis sûre que le facteur est un petit peu jaloux lorsqu’il dépose ces petits trésors et qu’il aimerait bien les garder pour lui (heureusement il est honnête et ne ferait jamais une chose pareille!). Et ce qu’il ne sait pas c’est qu’elles sont toutes remplies de mots doux et d’amour. Je me sens choyée, aimée, gâtée à chaque fois que j’ouvre l’une de ces enveloppes fantaisistes.

Pour dire la vérité, ce phénomène n’est pas vraiment étonnant. J’ai dit plusieurs fois sur les réseaux sociaux, que j’aimais écrire et recevoir des lettres (sans arrière-pensée, hein, juste parce que le sujet s’y prêtait) et dans mes ateliers, il est de tradition désormais que j’organise un échange de courrier entre les écrivantes, échange auquel le plus souvent je participe. Peu à peu mes clientes deviennent des amies épistolaires et certaines bien après avoir fini l’atelier continuent à m’écrire, à me donner de leurs nouvelles et à m’en demander. A chaque fois que j’ouvre la boite aux lettres et qu’il y a là une de ces missives, je me réjouis. C’est un de ces petits bonheurs simples que j’apprécie particulièrement. En plus de mes amies/clientes qui partagent ma passion pour la correspondance, il y a aussi l’un ou l’autre de mes amis qui habitent loin et qui aiment à m’écrire de temps à autre.

J’essaie de me réserver un moment dans la semaine pour entretenir cette correspondance et j’ai repéré toutes les boîtes aux lettres sur les trajets de ma marche matinale pour y déposer précautionneusement quelques mots légers couchés sur du papier coloré. J’aime envoyer toutes ces pensées positives et ces souhaits qui je l’espère deviendront réalité dans la vie de mon correspondant. Ce lien ténu entre nous a un petit quelque chose de magique et me ramène à mon adolescence, lorsque j’entretenais des correspondances par dizaines avec une fougue que mes professeurs de français auraient certainement aimé trouver dans mes dissertations !

Je me rends bien compte qu’il y a quelque chose de désuet dans cet art de la correspondance postale et que c’est une certaine nostalgie qui m’y rattache. Je suis d’une génération et d’une famille où les choses vraiment importantes se disent par lettre.

J’ai eu aussi des correspondances amoureuses. Intenses. Et aussi inévitablement, au milieu de ces dizaines de missives, une lettre d’adieu. Terrible. Je l’ai gardée pendant plus de vingt ans puis elle a mystérieusement disparu avec toutes ses sœurs aînées dans l’un de mes nombreux déménagements, me laissant ainsi l’opportunité de faire enfin complètement le deuil de mes amours de jeunesse.

Quand j’entends au détour d’un journal radio, que les services postaux vont se réduire et que la distribution du courrier est remise en cause, mon cœur se serre.

C’est vrai, il y a les sms, la messagerie instantanée et les mails. C’est vrai comme tout le monde je m’y suis mise et je trouve cela bien pratique. Mais la lettre reste au-dessus de tout. Elle implique une notion d’attente et de patience. Elle nous met en lien de manière plus personnelle avec l’autre, à travers son écriture bien sûr mais aussi le choix du papier, l’éventuelle décoration, autant d’ indices à déchiffrer sur quelques centimètres carré !

Alors avec mes quelques cartes et lettres mensuelles, j’espère naïvement être une petite goutte d’eau dans l’océan postal qui permettra peut-être aux facteurs de continuer à distribuer longtemps de l’émotion dans nos boites aux lettres !

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