Il y a les photos posées en vrac sur la table
Il y a vos sourires qui illuminent tout
Il y a mes souvenirs si vagues si flous
Il y a le ronron de la chaudière et le claquement de la porte du voisin
Il y a ces chansons que l’on chantait toutes les trois les dimanches après-midis
Il y a vos messages qui tintent maintenant sur l’écran de ma tablette
Il y a ces joues et ces fossettes
Il y a la brume derrière la fenêtre et la lumière basse de l’hiver
Il y a vos robes, les mêmes en deux tailles différentes
Il y a vos regards espiègles et votre gentillesse
Il y a le thé, les petits gâteaux et les discussions sans fin
Il y a mon amour pour vous, inconditionnel
Il y a l’église qui sonne l’heure du goûter
Il y a vos coiffures improbables, chouchous barrettes et bandeaux
Il y a les anecdotes oubliées que parfois ma mère me raconte
Il y a ces morceaux de notre histoire envolés et pourtant tatoués sous notre peau
Il y a la peinture la pâte à sel et les tabliers que je vous avais cousus
Il y a tout ce que nous avons encore à rire et à vivre
Il y a la voix de votre frère qui résonne dans la chambre d’à côté
Il y a mes filles
Il y a la vie
Je vous aime

Strasbourg, décembre 2016

Pour le week-end une petite proposition d’écriture tirée du livre de Faly Stachak « Écrire un plaisir à la portée de tous ». Elle est inspirée d’un poème de Guillaume Apollinaire qui utilise l’expression « il y a » à chaque début de vers (une anaphore ).

Il crée ce poème dans les tranchées lors de la Première Guerre mondiale. Il est adressé à Lou, une aristocrate dont il est amoureux.

Pour écrire votre poème, nommez tout ce qu’il y a autour de vous et mêlez le réel à l’imaginaire, le passé et le futur en conservant cette structure de l’anaphore.

il y a

Le poème d’Apollinaire :

Il y a

Il y a des petits ponts épatants
Il y a mon cœur qui bat pour toi
Il y a une femme triste sur la route
Il y a un beau petit cottage dans un jardin
Il y a six soldats qui s’amusent comme des fous
Il y a mes yeux qui cherchent ton image

Il y a un petit bois charmant sur la colline
Et un vieux territorial pisse quand nous passons
Il y a un poète qui rêve au ptit Lou
Il y a une batterie dans une forêt
Il y a un berger qui paît ses moutons
Il y a ma vie qui t’appartient
Il y a mon porte-plume réservoir qui court qui court
Il y a un rideau de peupliers délicat délicat
Il y a toute ma vie passée qui est bien passée
Il y a des rues étroites à Menton où nous nous sommes aimés

Il y a une petite fille de Sospel qui fouette ses camarades
Il y a mon fouet de conducteur dans mon sac à avoine
Il y a des wagons belges sur la voie
Il y a mon amour
Il y a toute la vie
Je t’adore

Guillaume Apollinaire, Poèmes à Lou

Venez partager votre poème sur le groupe facebook « l’écriture au cœur de la vie » nous serons ravis de vous lire !

Je vous souhaite un beau moment d’écriture et un bon week-end !

Laisser un commentaire

porta. leo. odio Nullam non consequat. sed in libero risus id
×
×

Panier