Je m’apprêtais à vous écrire sur un tout autre sujet, celui de la rentrée (mais ne vous inquiétez pas vous n’y échapperez pas) et puis une idée m’a traversé l’esprit.
En fait, pour que vous suiviez bien, je vous invite dans ma caboche. Si, si, n’ayez pas peur, ce n’est pas aussi terrible qu’on pourrait le penser.
19h sonnent à l’église voisine.
[moi me parlant à moi-même]
« Tiens ça sonne 19h. (Admirez la perspicacité!) Bon. Tu commences à avoir faim donc dans 45 minutes dernier délai t’as fini ton article et il est programmé pour être publié demain matin. Tu en es capable, relève le défi, c’est comme ça que le métier d’écrivain rentrera de toutes façons. Ah et tiens, si tu écrivais sur ça, sur comment tu t’y prends pour écrire tes articles, et comment tu vis les choses ? »
[visite de ma caboche terminée, des questions?]
Voilà donc, en guise d’ introduction , un exemple de comment me viennent mes idées d’articles. Car souvent quand j’accompagne des personnes dans les ateliers d’écriture elles me disent que le problème est qu’elles ne savent pas quoi écrire. Ou qu’elles n’ont rien d’intéressant à raconter. Le truc c’est qu’on a tous des choses à dire, à raconter, à écrire, ce qu’on ne sait pas forcément faire c’est être à l’écoute de nos idées, les saisir au vol et leur laisser la chance de s’exprimer. J’ai remarqué pendant mon stage de préparation en altitude (enfin pendant que je marchais dans les Alpes quoi, ah ah !), qu’à chaque randonnée j’avais au moins une idée ou deux d’articles qui me venaient. Comme les randonnées étaient longues, j’avais le temps de les laisser vivre dans ma tête, de voir comment je pourrais les développer. Parfois à une pause je notais quelques mots sur un morceau de papier que j’avais dans une poche de mon sac (le carnet c’est un peu trop lourd et encombrant dans ces cas-là) pour ne pas les laisser filer ma mémoire n’étant pas très fiable. Les articles rédigés pendant mon séjour à la montagne ont été ainsi, assez simples à écrire. J’ai remarqué aussi pendant ces vacances que j’écrivais facilement à cette heure de la journée. En général je faisais une petite sieste au retour des marches et c’est donc seulement vers 18h que je m’y mettais. Parfois un peu plus tard, parfois un peu plus tôt, mais toujours avant le repas du soir.

écrivain

En rentrant chez moi, j’ai donc adapté ce rythme à mon quotidien ici. Je fais tout ce que j’ai à faire dans ma journée, que ce soit pour la maison ou pour Créer etc . Et vers 17h je m’arrête. Je chausse mes baskets, et je pars me balader, m’aérer la tête. J’ai de la chance, maintenant il y a de magnifiques chemins tout autour de ma maison. Je pars une heure, parfois deux quand mon corps le réclame. Ainsi, loin des réseaux et des connexions, j’arrive à me recentrer sur mes pensées et invariablement au fil des pas mon article prend forme et je n’ai plus qu’à le rédiger à mon retour à la maison. Ou en rédiger un autre quand subrepticement une nouvelle idée apparaît au moment où je m’approche du clavier.
Je ne prépare pas de plan, ni d’argumentaire. J’ai essayé de le faire mais souvent ça donnait quelque chose d’un peu figé et tiré par les cheveux. J’ai mon idée de départ souvent une phrase qui m’est venue pendant que je marchais. Et quelques idées satellites autour mais pas dans un ordre précis ni dans une suite logique. Et avec ça, je me colle devant mon clavier et je commence à écrire. Je suis le fil de ma pensée en essayant de rester concentrée sur elle, sans chercher à me soucier du style. Je m’arrête d’écrire pour me relire seulement quand plus rien ne vient. Et parfois la relecture me remet sur le fil d’une autre idée. Seulement une fois que je suis arrivée au bout de ce que j’avais à dire, je procède à la relecture, à la correction des fautes d’orthographe (pas toujours exhaustive, je m’en excuse) et au remaniement du texte si besoin. J’ai mis un peu de temps à arriver à ce mode opératoire. Il fut un temps où je m’interrompais après deux phases pour aller vérifier quelque chose sur internet, où je relisais phrase après phrase, où je n’attaquais pas un article sans en avoir déjà la conclusion. Je mettais deux heures voir plus à écrire un article. C’était il y a six mois environ.
Aujourd’hui j’ai pensé une phrase : « 19h sonnent à l’église voisine » et j’ai écrit tout un article juste à partir de cette phrase. Il est 19h40, le métier rentre et cela me remplit de joie !

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