Voilà un titre que l’on pourrait trouver excessif. C’est celui d’une chanson de la grande Anne Sylvestre.

J’écoutais hier soir un podcast de l’émission de radio de Laure Adler, L’heure Bleue où elle était invitée. Sous les questions de la journaliste elle y donnait des petites bribes de sa vie, les visites en prison à son père collabo pendant son enfance, la différence ressentie dès la cour de récréation, et très tôt le besoin, l’envie d’écrire sans vraiment savoir quoi faire de ses textes. Et puis la guitare qu’on lui prêta et qui ne la quitta plus. La musique devint le véhicule de ses textes et ses textes ses garde-fous contre la déprime et la mort.

Je sais qu’il n’y a pas de hasard. Et en ce moment je rencontre à travers les documentaires que j’écoute le destin de personnes dont la vie est intimement liée à l’écriture.

Grâce à l’une de mes filles j’ai découvert l’émission « les grandes traversées » sur France Culture. Plusieurs heures de récit sur une personnalité. J’ai commencé par Bruce Springsteen, car c’est cette émission en particulier qui m’avait été conseillée. Puis j’ai écouté l’histoire de George Sand.

Et de ces trois destins que l’on pourrait croire éloignés de par leur temporalité ou leur culture, ressort cette passion pour l’écriture.

Springsteen qui a écrit tant de chansons qu’il en a encore plein ses carnets qui attendent d’être chantées. George Sand qui en plus de ses dizaines de livres publiés entretenait de nombreuses correspondances et emplissait des agendas de son quotidien, jusqu’à sa mort. Et Anne Sylvestre qui à 83 ans monte encore sur scène dans des salles combles pour chanter encore tout ce qu’elle a pu écrire.

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Ce qui me surprend aussi chez ces trois personnalités c’est leur attachement à leur temps, à l’histoire de leur pays, à ce qui les entoure. Ils écrivent parce que c’est nécessaire à leur équilibre mais leur écriture n’a rien de nombriliste. George Sand issue de deux milieux différents (aristocratique et populaire) écrit des œuvres qui, sous la forme de romans ont l’intention claire de valoriser le peuple, (elle sera même très impliquée dans la vie politique du pays alors même qu’elle n’a pas le droit de vote en tant que femme), les chansons d’Anne Sylvestre racontent les femmes et leurs combats de tous les jours dans une époque où l’égalité n’est pas encore vraiment acquise, la vie quotidienne, l’amour tout comme celles de Springsteen qui mettent une grande claque au mythe du rêve américain et nous emportent dans la détresse des vétérans du Vietnam et la misère des banlieues désindustrialisées. Comme si la fracture intérieure qui pousse à toujours écrire était liée aux fractures de notre monde, comme un miroir…

A travers ces destins je comprends que le titre Écrire pour ne pas mourir n’a rien d’excessif. Je comprends aussi que bien plus qu’un exutoire l’écriture est une arme contre le défaitisme et un puissant levier pour tous ceux qui ont l’espoir de guérir un peu notre monde malade.

« Écrire pour ne pas mourir
Écrire sagesse ou délire
Écrire pour tenter de dire
Dire tout ce qui m’a blessée
Dire tout ce qui m’a sauvée
Écrire et me débarrasser
Écrire pour ne pas sombrer
Écrire au lieu de tournoyer
Écrire et ne jamais pleurer
Rien que des larmes de stylo

Qui viennent se changer en mots
Pour me tenir le cœur au chaud  »

Belle journée à tous !

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