Voilà un an à peu près que je ne bricole presque plus. En dehors d’un petit carnet par ci par là ou d’un collage dans mon journal, plus rien.
Au mois de Mars de l’année dernière j’ai décidé que ma créativité s’exprimerait principalement par le canal de l’écriture. Pour cela je lui ai consacré de plus en plus de temps. A travers mes pages du matin, dans mes ateliers, dans mes articles et mes chroniques et depuis peu aussi dans un journal du soir. J’écris tout au long de la journée.
Mais aujourd’hui j’ai envie de renouer avec quelque chose de moins cérébral, qui me permette de jouer avec les matières, les couleurs, les sensations. J’ai les doigts qui me démangent. Tout en gardant la même grande place à l’écriture, qui elle me permet de partager très précisément mes pensées, je souhaite retrouver du temps pour ces autres formes d’expression.

Enfant j’ai vécu ma créativité de manière diverses. Dans nos jeux avec mon frère ou mes copines, nous inventions des scénarios dont nous étions les héros et les héroïnes. Notre préféré était de jouer « aux dames riches » et ainsi dotés d’une belle fortune nous pouvions vivre de folles aventures.
Il y avait un atelier de potier dans le village de vacances où nous vivions et j’y ai passé un peu de temps à apprendre la technique du colombin ou celle du tour (très difficile pour un enfant). Je me souviens de la sensation du contact de la terre avec mes mains et de ma fascination lorsque j’observais la potière tournant des bols ou des saladiers. Je me souviens aussi de quelques bricolages réalisés au monitorat, notamment des moulages en plâtre de personnages de Walt Disney, qui finissaient toujours par perdre un nez ou un bout de chapeau quand on les démoulaient et qui étaient tellement difficiles à peindre ! Pour moi le travail manuel comme on l’appelait alors était un brin décevant car à l’image de ces figurines, je n’arrivais jamais à faire aussi bien que le modèle qu’on me proposait . En effet je n’étais pas très minutieuse et toujours ça débordait par ci ou ça se cassait un peu par là ! Ma mémé m’a appris à tricoter mais là encore quand je comparais mon écharpe de poupée à la sienne j’étais un peu découragée.

Les expériences scolaires dans ce domaine n’ont guère été plus concluantes, je trouvais toujours que mes copines réussissaient mieux que moi. Il faut dire que c’était une professeur d’anglais qui nous enseignait les arts plastiques et que sa pédagogie se résumait à nous faire copier des modèles sans nous expliquer aucun procédé. Il était alors impossible pour ma créativité de s’exprimer car j’étais toujours limitée par cette fameuse technique qui me manquait.
C’était pareil en musique, où contrairement à aujourd’hui on laissait très peu de place à la création. D’ailleurs lorsque j’ai découvert le jazz, il a été très difficile pour moi d’improviser et il m’a fallu beaucoup de travail pour un jour arriver à prendre un solo dans le big band dans lequel je jouais.
Toutefois sans vraiment que j’en sois consciente, ma créativité a continué à s’exprimer notamment à travers une correspondance très fournie. Mes lettres d’adolescentes étaient toujours enluminées de collages divers et variés (le magazine Podium ne survivait pas à ma paire de ciseaux) et de petites décorations. Je me souviens aussi qu’au lycée mes agendas étaient très décorés par mes soins.

j'ai les doigts qui me démangent

C’est en réussissant le concours de l’école normale pour devenir institutrice que tout un univers s’est ouvert à moi. J’y ai reçu une excellente formation en arts plastiques que je me suis appliquée à moi-même. Je me suis construit une culture picturale (pendant une quinzaine d’années j’ai écumé les musées à chacun de mes séjours dans les grandes villes) et j’ai appris un nombre incalculable de techniques que j’ai toutes essayées ou presque.
Avec mes enfants et mes élèves de maternelle je m’en suis donnée à cœur joie. L’intérêt pédagogique se mêlait à la joie de pouvoir patouiller avec les enfants… dans ma classe les modèles ont peu à peu disparu pour laisser libre court aux sensations et à la créativité. Mon plaisir était de sélectionner avec soin les outils et les supports que je proposais aux enfants pour que quelque soient leurs expérimentations toujours le résultat soit esthétique pour un regard d’adulte. Ainsi tout le monde y trouvait son compte. Je m’amusais autant que mes élèves ou mes enfants à imaginer des collages, des nouvelles techniques de peinture, des modelages et à les réaliser avec eux.

En 2005, j’ai découvert le scrapbooking et c’est devenu mon canal créatif préféré. J’aimais pouvoir raconter l’histoire de ma famille, ses petites anecdotes et ses grands moments tout en manipulant de beaux papiers et en jouant avec les couleurs. Au départ bien sûr j’ai suivi des modèles dans des livres ou sur internet (c’était le début des blogs) mais j’ai très vite compris que toutes les techniques que je connaissais, je pouvais les adapter à ce loisir créatif. Cela m’a permis de ne jamais me lasser. Très rapidement j’ai commencé à donner des ateliers et j’ai aimé créer à chaque fois un nouvel album, dans un nouveau style pour toujours étonner les participantes. J’ai aussi eu beaucoup de plaisir à découvrir les règles de base de la photographie pour peu à peu améliorer mes clichés et embellir mes albums.

Aujourd’hui, sans renoncer à mon album photo auquel j’ajoute une page chaque mois pour continuer l’histoire de la famille, je sens que quelque chose de nouveau m’appelle. Je ne sais pas encore exactement quoi. Je suis très attirée par les art journaux, les carnets d’aquarelles et aussi les collages. J’admire les beaux herbiers sans encore oser me lancer dans cette aventure. Je souhaite créer avec peu de matériel, et le plus possible du matériel de récupération, conséquence de mon petit penchant décroissant et minimaliste.
​Je tâtonne donc dans mes carnets, laissant les traces des prémices d’une nouvelle aventure créative !

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J'ai les doigts qui me démangent

Cet article a 2 commentaires

  1. Je me fais un grand plaisir en lisant tes nouvelles c est très réel et ça me parle
    beaucoup .Merci de tout cœur . Je suis enseignante en retraite depuis 17ans et j habite en Algérie , je te suis dès qu il m est possible de connecter même si je ne fais pas toujours de commentaires .

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