Il suffit que tu le décides. Une petite phrase choc plutôt aimée de beaucoup de coachs en développement personnel que j’ai pu rencontrer sur internet ou au fil de mes lectures.

Il suffit que tu décides de perdre du poids.

Il suffit que tu décides d’être heureux.

Il suffit que tu décides de réussir.

Il suffit que tu décides de vivre une vie formidable.

Il suffit que tu décides d’être riche.

Sous-entendu et tu deviendras svelte, tu nageras dans le bonheur, tu atteindras tous tes objectifs, ta vie sera extraordinaire et l’argent ruissellera sur toi !

Mouais… En quelque sorte c’est vrai. Je pense sincèrement qu’au départ de tout succès il y a une prise de décision. Si on perds du poids c’est qu’à un moment on a décidé qu’on ne voulait plus de ces kilos superflus (en dehors de la maladie bien sûr). Si on arrive au sommet de la montagne, c’est qu’on avait la volonté de l’escalader, et c’est vraiment très rarement par hasard que l’on devient riche (en dehors du hasard de la naissance). On peut faire des choix de carrière pour cela, investir dans l’immobilier, jouer au loto… mais toujours au départ il y a une décision.

Donc ok, on décide. Mais ça ne suffit pas vraiment. Dire que ça suffit c’est comme un mensonge par omission. C’est oublier toute la phase d’apprentissages et d’efforts successifs qu’il y a entre la prise de décision et l’effet de cette prise de décision.

C’est comme si on disait à son enfant de six ans : «  J’ai décidé que désormais tu prendrais ta douche seul. Tu la prendras tous les soirs avant le repas. Tu mettras tes habits dans le bac à linge sale et quand tu seras bien sec tu accrocheras ta serviette sur le porte-serviette. Tu mettras ton pyjama et tu prépareras tes habits pour le lendemain. » et que le lendemain, on le laissait faire en espérant qu’il exécute chaque étape sans aucune aide et être ainsi débarrassé de cette mission éducative. Certes, comme la plupart des enfants de six ans il est capable de le faire. Mais ce serait assez mal connaître le processus d’apprentissage qui non seulement demande du temps mais en plus n’est pas linéaire. Quand bien même après une période de quelques jours d’accompagnement, il ferait tout bien sans qu’on ait à le lui rappeler, ce serait oublier la phase vers dix ans où il lui faut un GPS pour trouver la salle de bain dans la maison (c’est une phase où l’enfant croit qu’il est en sucre et a très peur de fondre s’il reste trop longtemps ou trop souvent sous l’eau, cette phase est particulièrement aiguë chez l’enfant mâle et peut durer trèèèèèèès longtemps). Ce serait aussi méconnaître l’autre phase, celle où il a retrouvé la carte Michelin et par la même, l’itinéraire pour la salle de bain. Du coup il en profite en vidant le ballon d’eau chaude (pourtant de taille familiale) à chacun de ses nombreux passages dans cet endroit idyllique, laissant ladite salle de bain avec un taux d’humidité digne des régions tropicales, le sol jonché de vêtements sales et de serviettes humides. Cette mission éducative est pour la plupart des parents une tâche de chaque jour, parfois jusqu’à ce que l’enfant, devenu adulte, quitte la maison.

Il suffit que tu décides

Lorsque nous décidons d’une action pour améliorer notre vie c’est comme s’il y avait un enfant de six ans à l’intérieur de nous que nous devions accompagner chaque jour pour qu’il réussisse avec nous à atteindre l’objectif que nous nous sommes fixé.

En mars de l’année dernière j’ai décidé de devenir écrivain. Puis en août j’ai décidé pour cela d’écrire tous les jours. Aujourd’hui je le fais facilement. Je n’ai presque plus besoin de tenir la main de mon enfant de six ans. Il pense tout seul à se poser devant l’ordinateur, et quand il en est à ce stade il a déjà son idée d’article qu’il déroule avec aisance.

Mais l’histoire c’est qu’il m’en a fallu de la persévérance devant ses jérémiades et ses auto-sabotages. Ça donnait ça à peu près :

« olala, je t’assure on n’a vraiment pas le temps aujourd’hui !»,

« mais je ne sais vraiment pas quoi raconter, tu crois pas qu’on pourrait plutôt reposter un vieux truc ? »,

« désolée je ne sais pas pourquoi mais l’ordinateur ne veut pas s’allumer »,

« non mais pourquoi écrire, de toutes manières ce n’est pas intéressant et tout le monde s’en fiche »

« pfiou, qu’est-ce que je suis fatiguée aujourd’hui ! Tous les jours, c’est vraiment obligatoire ?… »

Et puis mon enfant intérieur écrivain a six ans. Il va encore me falloir l’accompagner pour sa phase de 10 ans, puis sa phase de 13 ans, puis… avec tout l’amour que j’ai pour cet enfant-là !

Alors oui il suffit de le décider. Mais pas que… Non vraiment pas que !

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