(chronique sensible du 10 Juillet 2018)

Je suis en train de relire un roman que j’avais adoré pendant mon adolescence. C’est toujours un peu audacieux de faire cela parce qu’il y a un risque substantiel d’être complètement déçu et de ne pas retrouver les émotions d’antan.

Par exemple lorsque j’ai relu Love Story d’Erich Segal qui m’avait fait pleurer des litres de larmes à seize ans, j’ai trouvé ça complètement nul. Un mythe de ma jeunesse s’est effondré et ça m’a quand même un peu attristée.

Mais là pour ce petit roman sur lequel je suis tombée complètement par hasard en cherchant des livres de Barbara Cartland (pour une murder party) à Emmaüs, je n’ai pas pu résister. J’avais trop envie de retrouver ce dialogue entre une mère et sa fille juste avant le bac de français.

C’est un roman autobiographique écrit à deux plumes, l’une, la mère, la célèbre Susie Morgenstern et l’autre sa fille de 16 ans à l’époque, Aliyah Morgenstern. Elles écrivent des scènes de leur quotidien en donnant à chaque fois leur version des événements. C’est très drôle et émouvant à la fois de part la proximité que l’on peut ressentir avec les personnages et la sincérité avec laquelle elles se sont prêtées au jeu. Ah oui, j’allais oublier le titre : « Terminale ! Tout le monde descend »

Comme c’est publié dans la collection Médium de l’Ecole des Loisirs (qui est une collection pour adolescents) cela se lit très facilement. Personnellement je pioche souvent dans cette collection lorsque je veux lire « juste pour me détendre » ou dans des périodes où je suis très fatiguée et qu’un roman me tombe des mains après deux pages parce que je m’endors. En général avec ceux-là, j’arrive à atteindre les dix pages avant que Morphée ne gagne la course !

Il y a vraiment de très bons auteurs qui y sont publiés, comme Susie Morgenstern, mais aussi Marie-Aude Murail, ou Agnès Desarthe. Et sans doute d’autres dont j’ignore l’existence. Je pense que ça vaut largement l’un de ces romans que l’on trouve en tête de gondole dans les maisons de la presse des grandes gares ou au supermarché (que pour certains j’ai lus et aimés aussi d’ailleurs, ne faisons pas la fine bouche).

Bref j’ai craqué et j’ai bien fait. Je m’y suis tout de suite replongée avec délice comme si le temps n’avait pas coulé. Mais quand même il y a eu des petits changements. A ma première lecture je m’identifiais complètement à la fille alors qu’aujourd’hui ce sont les émotions de la mère qui me touchent … tout en retrouvant certains comportements de mes trois enfants dans le personnage de la fille. Sauf que… les adolescents d’aujourd’hui ont des occupations un peu différentes de ceux de 1985.

Car à l’époque point de smartphone, de youtube, d’instagram, de snapchat, de jeux vidéos et autres réjouissances du même accabit. Pour exemple, l’adolescente de « Terminale, tout le monde descend ! » lit des romans à l’eau de rose pour se détendre (ce qui fait enrager sa mère). Aujourd’hui pour sûr elle regarderait des vidéos ou passerait des heures à suivre son fil Twitter ou à poster des « storys » sur son insta.

Et il en est de même pour les adultes. Même si nous n’avons pas grandi avec, pour nombre des quadragénaires dont je fais partie le smartphone est devenue indispensable. Pour ma part j’en ai eu un pendant longtemps, puis je suis revenue à un simple téléphone, consciente de l’addiction que créait ce petit rectangle mais après quatre ans de désintoxication j’ai fini par y revenir (simplement parce que dans ma campagne profonde je ne pouvais capter le réseau téléphonique qu’avec un smartphone). Je suis donc retournée allègrement à me petites addictions tout en essayant de garder le contrôle sur le temps que j’y consacre et en veillant à ne pas (ou presque pas) le sortir de mon sac quand je suis en compagnie.

J’apprécie tous les services qu’il me rend, notamment pour communiquer à distance avec mes enfants, envoyer des photos, des petites vidéos, se parler alors qu’ils sont à l’autre bout du monde sans surcoût.

Mais je reconnais que parfois je retournerai bien dans ce monde de mes seize ans (ou celui de l’héroïne de mon petit bouquin), où il fallait trouver une cabine téléphonique pour prévenir ses parents qu’on rentrerait plus tard et où les adolescentes rebelles passaient des heures à écouter de la musique très fort en lisant affalées sur leur lit !

Nostalgie quand tu nous tiens !

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