Non, je n’ai pas peur de me balader en pleine forêt vosgienne pendant de longues heures complètement seule… au contraire j’en retire une joie intense et cette solitude me permet de me ressourcer et de nourrir mon intériorité. Il y a deux ans j’ai même poussé le vice lors de mon séjour dans un éco-hameau de planter ma tente à 20 minutes de marche de toute âme qui vive. Tous les soirs à la nuit tombante je remontais rejoindre ma tente et la solitude. J’ai eu quelques frissons pendant les deux nuits d’orage mais c’est surtout parce que j’avais planté ma tente à la va-vite et que je n’étais pas sûre qu’elle tiendrait le coup. Je suis ressortie de ces dix nuits avec une certaine fierté, et le souvenir de belles rencontres au petit matin : des daims, des lapins, quelques grenouilles, ainsi que tous les oiseaux du voisinage … ces moments-là apportent un plaisir simple que je retrouve en peu d’autres circonstances et je ne veux pas m’en passer sous le prétexte que certains voient les bois peuplés plutôt de psychopathes que de biches aux abois !
Non, je n’ai pas peur de partir vivre avec un quasi-inconnu de quinze ans de moins que moi dans une colocation dans un village à une heure de route de la grande ville. Non, je ne m’ennuierai pas, non je ne me dis pas que les voisins vont raconter des choses et jaser sur cette association inhabituelle, non je ne crains pas que mon coloc’ se transforme en loup-garou les soirs de pleine lune, non je ne crains pas non plus nos futures disputes. Je me réjouis de vivre une nouvelle aventure humaine, de pouvoir mettre en action mes oreilles et mon coeur de bébé-girafe apprentie de la communication non-violente, de découvrir une autre façon de vivre la vie quotidienne que celle que je connais déjà, et de participer avec certains de mes futurs voisins à la vie de ce beau village.
je n'ai pas peur
Non, je n’ai pas peur de laisser mon fils continuer son chemin de vie sans moi à ses côtés. Je suis un peu triste mais je n’ai pas peur. Je l’ai accompagné depuis plus de 17 ans à chaque instant de sa vie, à toutes les étapes cruciales. J’étais là pour lui donner la main à chacune d’entre elles, pour ses premiers pas, ses premiers mots, ses premiers dribbles au basket, les conseils de classe au collège, les réveils loupés au lycée rattrapés in extremis par ma vigilance. J’étais là pour écouter ses mots, ceux qu’il me réservait quand il ne voulait parler à quasimment personne d’autre puis ceux transformés en longues diatribes et en théories fumeuses sur le foot, le catch, les jeux vidéos, la NBA, les profs, les profs, les profs. J’étais là pour répondre à toutes ses questions même les plus… “malaisantes” (comme il dirait lui-même). Je lui ai donné tout mon amour et le plus que je pouvais pendant ces 18 années (oui je compte aussi les 9 mois et 4 jours d’avant sa naissance !) alors non je n’ai pas peur. Car je sais qu’avec tout ce que je lui ai donné il aura de quoi s’en sortir, de quoi réussir, de quoi s’épanouir même si je vis à une heure de lui.
Non je n’ai pas peur. Pas de ça en tout cas.
J’ai peur des souris. Mais j’admire ceux qui les prennent dans leur main et les caressent en disant que c’est vraiment trop mignon. Parce que secrètement j’aimerais bien pouvoir faire pareil !
J’ai peur de nager la tête sous l’eau. Mais jamais je ne penserais à empêcher quelqu’un qui aime faire de longues traversées en apnée de le faire en lui disant que c’est bien trop dangereux. J’ai aussi peur des manèges à sensations, de traverser les torrents de montagne qui ont beaucoup de courant, d’oublier des tas de trucs quand je pars en vacances, etc… etc…
Cette petite liste vous apparait certainement futile et sans beaucoup de sens. C’est un fait, nos peurs nous appartiennent et retracent notre histoire. Nous les tenons de notre enfance, parfois héritées des propres peurs de nos parents, parfois acquises lors de certains événements marquants ou traumatiques. La somme de nos peurs fait que chacun de nous est un être unique. Notre peur n’est pas celle de l’autre.
Projeter notre peur sur le désir d’action de l’autre ne fait que le ralentir mais ne la guérira en aucun cas. Au contraire je suis même certaine que ça la renforcera. Alors encourageons-nous les uns les autres à aller au bout de nos plus beaux projets et nourrissons l’univers de succès et de rêves aboutis !
Parce que non, assurément, je n’ai pas peur ! 😉

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