Aujourd’hui on ouvre la porte à l’automne… alors pour saluer l’été et le remercier de tous les petits et grands plaisirs qu’il m’a offert j’ai eu envie de te partages ces impressions de voyage. J’ai écrit ce texte en Juillet et il raconte mon voyage de l’été dernier, ma première fois en Afrique… puisse-t-il t’apporter aussi un petit rab d’été !

Il y a le stress parce que les piles de la balance sont en berne et que je ne suis pas tout à fait sûre de ne pas dépasser le poids autorisé par la compagnie avec mes deux énormes valises remplies pour une partie par les gros sacs de quinoa, pois chiche, et autres lentilles corail pour nourrir les végétariens du groupe dont je suis.

Il y a mon passeport, mon billet d’avion et mon carnet de vaccination, bien rangés dans leur pochette en wax fabriquée par Madou dont je vérifie la présence dans mon sac en moyenne tous les quart d’heures.

Il y a les copines de voyage retrouvées dès la gare de Strasbourg. Pour certaines on se connaît depuis longtemps, pour d’autres on se croise régulièrement aux spectacles de fin d’année de notre compagnie de danse et pour les dernières on apprend à se connaître, dans le terminal de Roissy Charles de Gaulle en attendant l’heure de notre avion (et les dernières arrivées qui nous font un petit suspense de dernière minute).

Il y a le vol de six heures à côté de Catherine que je ne connais pas encore très bien mais qui deviendra une copine de voyage hors-pair. L’Afrique n’est pas encore présente, dans le confort de cet avion, entre films américains stéréotypés et plateaux repas aseptisés. Je me laisse bichonner par les hôtesses de l’air attentives, avec malgré tout en toile de fond, cette petite appréhension qui me suit depuis le départ.

Impressions de voyage
Le village de Koro, dans les environs de Bobo Dioulasso

 

Il y a la chaleur étouffante dans l’aéroport de Ouagadougou après le froid de la climatisation de l’avion. Déjà c’est différent, déjà ça impressionne avec la fatigue du voyage qui commence à se faire sentir et la file d’attente pour les formalités qui n’en finit pas. Certaines, organisées, dégainent leur anti-moustique, d’autres dont je fais partie, n’ont plus qu’à quémander pour ne pas se faire dévorer toutes crues.

Il y a le bus qui sera le notre pendant deux semaines et dont le toit se retrouve en deux temps trois mouvements chargé de tous nos bagages (merci aux amis de Ouagadougou qui sont venus prêter main forte à nos chauffeurs). Je m’installe comme je peux, je cale mes jambes dans les petits espaces, je sors mon oreiller de mon sac à dos et c’est parti pour six heures de route cahotante à essayer de somnoler entre deux dos d’ânes.

Il y a les bananes pas vraiment mûres (mais ça nourrit quand même) et surtout les boules coco absolument délicieuses préparées par notre cuisinière Salli , que l’on se distribue pendant le voyage, un peu parce qu’on a faim, un peu pour passer le temps, un peu pour se réconforter.

Il y a la pause-pipi où finalement je décide que je n’ai pas vraiment envie et que je pourrai attendre notre destination finale. A moitié endormie je ne me sens pas de faire une première violence à ma pudeur pour aller faire pipi au milieu d’un champ nu sans aucun buisson au bord de la route. Certes il fait nuit noire. Mais je ne suis pas prête… ou pas suffisamment pressée !

Il y a mon réveil deux heures plus tard alors que nous touchons au but. La lune éclaire la route. Le bus longe un précipice et le paysage de la sablière s’offre à nous sous cette lumière irréelle. C’est à la fois effrayant et magnifique. Sous les exclamations successives, tous les voyageurs se réveillent, sauf Jo, 13 ans, à qui il faudra quelques bousculades amicales pour sortir de son profond sommeil.

Il y a notre descente du bus dans la nuit noire à la ferme de Samandoulougou. Personne pour nous accueillir c’est étrange. Et puis j’aperçois un feu qui scintille un peu plus loin. Nous nous approchons et peu à peu la musique retentit, les voix résonnent, des silhouettes sortent de la nuit et nous offrent notre premier concert impromptu sous la magnifique lune. Il est deux heures du matin et nous sommes arrivés à destination !

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