Un an a passé… – Chronique sensible du 22 août 2018

Aujourd’hui je repense à mon texte « Ce passage-là était vraiment bien ».

Je crois que c’est l’un de mes préférés.

Ce n’est pas pour rien si je l’ai mis sur mon site dans la rubrique qui présente les chroniques sensibles (où tu pourras le (re)découvrir si tu ne l’as pas encore lu ou si tu ne t’en souviens plus). D’ailleurs quand je l’ai écrit ce n’était qu’un article sur facebook. Je ne pensais pas encore à faire de mes textes quelque chose de plus construit !

C’est aussi l’un de mes textes qui a eu le plus de commentaires et qui a suscité le plus d’émotions.

Sans doute parce qu’il a été écrit sur le vif et que la peine que je ressentais en l’écrivant était réelle et bien présente. Il porte cela dans ses mots, et le relire me transporte immédiatement dans l’état dans lequel j’étais alors.

Sans doute aussi parce qu’il raconte quelque chose d’universel, le départ des enfants une fois atteint l’âge adulte alias le célèbre syndrome du nid vide.

J’y repense aujourd’hui parce que je viens de passer quatre jours avec mon fils à son retour de vacances et que ce matin je l’ai raccompagné chez lui. On se croisera certainement une fois encore avant sa rentrée mais en redémarrant ma voiture j’avais l’impression d’être dans la même étape de vie que l’année dernière, à laisser mon fils pour qu’il vive une nouvelle année scolaire (ou plutôt maintenant, devrais-je dire universitaire puisqu’il intègre un IUT de Chimie, son premier vœu le chanceux!)

Et pourtant l’année qui vient de s’écouler nous a permis d’apprendre à vivre loin de l’autre. Il y a toujours des jours où il me manque, comme ses sœurs d’ailleurs, il y a toujours des moments un peu plus nostalgiques où je repense à notre vie à quatre mais dans l’ensemble l’émotion qui en ressort est plus douce, plus feutrée.

Autant il y a un an j’ai pu parfois remettre en cause le bien fondé de ma décision de partir vivre à la campagne et de le laisser vivre chez son père. Autant aujourd’hui je me rends compte que cette séparation nous a fait du bien et a permis à notre relation d’évoluer vers plus d’autonomie et moins de fusion.

J’ai appris petit à petit à prendre soin de moi-même en vivant seule. J’ai appris à être bien toute seule chez moi mais aussi à sortir plus pour retrouver du monde et en rencontrer. Petit à petit je découvre cette vie-là qui m’oblige à aller puiser au fond de moi pour la rendre plus belle et conforme à ce que je souhaite pour mes prochaines années. Et qui m’oblige aussi à aller voir ailleurs que chez mes enfants pour combler mes besoins.

Mon fils lui, a appris à faire tourner une machine à laver, à trouver le rayon des œufs dans un supermarché (sa conclusion après la visite de plusieurs supermarchés  : « As-tu remarqué que les œufs sont toujours dans des endroits improbables ? C’est comme si à chaque fois qu’ils organisaient un magasin, arrivés à la fin ils voyaient dans un coin les œufs et se disaient « Mince on a encore oublié les œufs… » et puis qu’ils cherchaient la dernière place vacante et les mettaient là !! »), à passer l’aspirateur régulièrement (je tairais la fréquence mais c’est suffisant à ses yeux) et à entamer ses démarches administratives de manière autonome (avant d’appeler au secours ses sœurs…) C’est un grand pas pour lui qui vivait avec une mère ravie d’être aux petits soins pour lui et deux grandes sœurs pas bien plus résistantes à ses demandes !

Notre nouvelle vie n’est pas encore une évidence. Et c’est le cas avec chacun de mes enfants. Il y a parfois des moments où j’ai encore vraiment besoin d’eux. De leur présence, de leur avis, de leurs conseils, de leur tendresse, de leurs blagues. De leur énergie de vie qui me fait du bien. Et sans doute est-ce la même chose de leur côté. Alors de temps à autre on se retrouve pour recharger nos réservoirs. Chacun d’entre eux le fait à sa façon , avec son caractère, avec ses attentes, avec la distance géographique qui nous sépare aussi.

Mais chacun d’entre nous avance dans sa vie et la page de notre vie passée ensemble se tourne, doucement, tendrement.

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