Toute ma vie de mère j’ai pensé que je ne serai pas de celles-là. De celles qui sont perdues et désœuvrées une fois que les enfants ont quitté la maison.

Pour être tout à fait honnête je trouvais même ça un peu pitoyable. Avoir si peu de vie que l’on ne sait que faire par soi-même. Oui je suis comme ça parfois j’ai des jugements à l’emporte-pièce. Heureusement le plus souvent je les garde pour moi et je les filtre avant de les exprimer, ou quand je les exprime sans qu’ils passent par la passoire à connerie, je suis suffisamment bien entourée pour qu’on me remette les pieds en direction du droit chemin.

Bon comme tout le monde j’ai pleuré devant «Le premier jour du reste de ta vie » mais pas devant le désespoir du personnage de Zabou lorsque son premier fils quitte la maison. Non là je la trouve même un peu hystérique. Ce qui m’a fait pleurer c’est l’ensemble, la vie qui passe, et surtout la scène mythique du coussin dans la voiture . L’histoire d’amour donc. (Pour tous ceux qui n’ont pas vu ce film, je vous rassure je n’ai rien spoilé et juste pour cette scène ça vaut le coup de le voir. En plus les acteurs sont géniaux.)

Donc j’étais persuadée que je ne serai pas de celles-là. Et j’avais des preuves.

Dès les 11 mois de mon aînée je me suis offert une petite semaine de vacances avec son père (à Prague en 1994, je garde un souvenir impérissable de cette ville juste à la sortie du communisme) en la confiant le cœur léger à ses grands-parents maternels. Et toute ma vie de mère de famille j’ai pu ainsi prendre le large le temps d’une semaine voir parfois presque un mois (ils étaient plus grands rassurez-vous). Bien sûr ils me manquaient mais je profitais à fond de mes moments sans eux pour travailler, voyager, me former, m’amuser pour ensuite mieux les retrouver.

Les week-ends chez papa étaient ma bouffée d’oxygène dont je savourais chaque minute avec délectation.

nid vide

Vous voyez, le syndrome du nid vide c’était vraiment pas pour moi. Un truc de ménagère approchant des 50 ans dont je ne ferai jamais partie. Parce que j’avais une vie moi.

Ah ah ah !

Me voilà donc maintenant au beau milieu de mon nid vide.

A m’étonner que le bac de linge sale ne se remplisse pas plus vite et à me trouver toute bête de ne pas avoir de tournée de linge qui attende à être pendue. Alors qu’il fait si beau, ça sécherait bien vite ! A faire des repas pour 4 (portions adolescents) et à avoir mon congélateur rempli plus que de raison. A m’étonner d’avoir toujours du chocolat en réserve moi qui à une période devait le cacher pour être sûre d’en avoir un carreau le soir. A être la seule à me demander « qu’est-ce qu’on mange ce midi ? ». A avoir une maison toujours propre et rangée. Dans toutes les pièces sans exception. Pas de porte à tenir absolument fermée en cas de visite surprise ! Rien ne traîne nulle part.

Je tourne en rond dans mon nid vide.

Et je commence à comprendre cette histoire de syndrome. Que d’une manière ou d’une autre on peut difficilement y échapper. Un peu comme le baby blues. Que pour certaines ça passe presque inaperçu alors que pour d’autres c’est un tsunami. Je peux donc ranger au fond du placard ma fierté pas trop bien placée. Et gérer mon petit syndrome (rien d’inquiétant, comme pour le baby-blues ça se situerait au niveau vent force 4, pas de quoi alerter qui que ce soit) en attendant de trouver le courage de vivre pleinement ma vie de femme libre de presque 50 ans !

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nid vide

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