Chose promise chose due, le printemps est arrivé le jour de sa fête, soit aujourd’hui 1er mai à Tallinn. Nous sommes passés en deux jours de la tempête de neige au soleil et au ciel bleu immaculé. A certains moments on avait même presque trop chaud avec nos pulls (si,si) et les lunettes de soleil étaient de sortie. Un vrai régal donc de flâner dans les quartiers de cette ville et d’aller passer un moment au bord de la Baltique sur la petite plage au milieu d’une friche industrielle à regarder les vagues et le balai des ferries dans le port au loin.
Je n’ai vraiment pas préparé ce voyage en Estonie. J’ai calé les dates avec mes enfants pour que tout s’organise au mieux, j’ai réservé mes billets d’avion et c’est à peu près tout. Je ne me suis pas vraiment projetée, je n’ai pas regardé de guides touristiques, je n’ai pas décidé de ce que j’allais faire une fois à Tallinn. Je n’en ai pas eu le temps, prise dans l’énergie du printemps strasbourgeois et tout ce qui s’est passé pour moi pendant ces deux derniers mois et je crois que je n’en ai pas vraiment eu envie non plus.
se laisser faire
 Pourtant d’habitude je suis plutôt celle qui organise. Quand mes enfants étaient petits, même avant de me séparer de leur père, je gérais toute l’organisation de A à Z que ce soit le quotidien à la maison, ou les vacances ou les voyages. Je prenais quasiment toutes les décisions et je faisais ensuite en sorte que ça fonctionne. Que ce soit pour le choix du mode de garde ou l’école des enfants, l’endroit où nous vivions, les vacances, les voyages… Dans mon entourage pour rire on m’appelait “la maîtresse femme”. Ça me gênait un peu parce que moi je n’avais pas l’impression que j’avais le choix. “Il faut bien que quelqu’un le fasse” disait ma petite voix quand même pas trop contente. Je me disais que si je ne prenais pas ces décisions ou que si je n’organisais pas tout, personne ne le ferait à ma place. Il y avait sans doute un peu de vrai, mais aussi c’était bien pratique de pouvoir tout faire à ma façon sans susciter de débat ou d’opposition. Pratique, oui, et aussi au fil du temps, fatigant. Et puis ensuite j’ai vécu seule avec mes enfants et j’ai donc continué à diriger les opérations par la force des choses. J’ai appris ainsi à ne compter que sur moi-même. J’ai développé une résistance à la proposition de service. Souvent je m’entendais répondre “non ne t’inquiètes pas je vais me débrouiller” ou je rejetais d’un air revêche un simple conseil amical sur le ton “euh, t’es sérieux là, tu penses que je ne vais pas y arriver toute seule ?” Comme une fierté de m’être toujours débrouillée et la certitude que c’était ce qui faisait ma valeur. Une fierté très mal placée qui a sans doute beaucoup contribué à me mettre sur le chemin de la dépression.
Depuis quelques années donc, j’apprends de nouveau à faire confiance, à demander de l’aide, à me laisser porter par les propositions des autres. C’est encore un peu compliqué mais de plus en plus fréquent.
Ces vacances à Tallinn, comme je n’ai pas eu le temps de les préparer, sont pour moi l’occasion de me laisser complètement porter par les propositions et le rythme de ma fille. Je savoure à chaque instant parce qu’en plus elle fait ça plutôt bien en prenant soin de moi. Comme je n’ai pas de programme on a adopté un rythme tranquille ce qui est parfait au regard de mon besoin de repos. Et je visite cette jolie ville en marchant dans ses pas, je la découvre à travers ses yeux et ses endroits favoris. Sans aucune attente car j’arrive vierge de renseignements. Sans me soucier du programme. Sans organiser. J’ai passé la main, le temps de ce voyage et je découvre à quel point cela peut être agréable de se laisser faire. Pour mieux reprendre les rênes ensuite, et redevenir la créatrice de ma vie !

Cet article a 1 commentaire

  1. Oh que ça fait du bien de lâcher prise! Heureuse pour toi

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