Il y a quelques heures je vous écrivais ça en pensant vous le partager à mon arrivée à Tallinn ce soir :

« Je vous écris depuis le hall d’embarquement A24 de l’aéroport de Francfort où un bus de la Lufthansa m’a déposée il y a un peu plus d’une heure en provenance de Strasbourg. Je rejoins ma fille à Tallinn en Estonie pour une dizaine de jours et vis mon premier voyage international en solo.
Je viens de réussir ce grand jeu de piste un peu stressant des formalités d’enregistrement et de sécurité, de la traversée de cet immense terminal, si vaste qu’on s’y déplace à bord d’un tram. Je me retrouve seule,  catapultée dans cet univers qui m’est si étranger moi qui suis plus à l’aise pour trouver les chemins de randonnée sur les cartes au 1/25e que mon vol sur les immenses panneaux d’affichage. Ces panneaux que mon fils me décrivait ce matin, alors que nous partions ensemble à la gare, lui vers sa journée de lycée, moi vers mon aventure estonienne. J’ai réussi ma mission, et me voilà à attendre patiemment que l’on nous appelle pour embarquer. Et malgré le défilé des voyageurs, les annonces incessantes et le bal des avions sur le tarmac que j’aperçois au loin, je ressens un grand calme.

Deux heures de solitude

Je me repasse mentalement les deux derniers mois et je me rends compte à quel point ils ont été intenses et tempétueux. J’ai vécu à 100 à l’heure vraiment. Je me suis donnée pleinement dans Créer Etc, j’ai conçu et animé trois ateliers et une retraite virtuelle, ai écrit de nombreux articles sur mon blog, sans compter les défis quotidiens. J’ai continué à me former pour que mon entreprise ne soit pas qu’un voeu pieu mais devienne un réel support financier pour tous mes rêves de vie. J’ai aussi entamé une formation en PNL (programmation neuro-linguistique) pour affiner encore mon rapport à l’humain, à la vie, au bien-être. Je me suis vue proposer un beau projet d’écriture que j’ai accepté. J’ai fait des rencontres importantes, j’ai accueilli ma filleule et ai refait connaissance avec elle, après 15 ans sans se voir. J’ai retrouvé ma fille après trois mois de séparation. J’ai aussi pris des décisions importantes et engageantes pour les prochains mois. J’ai fait de belles randos pour profiter du magnifique soleil et ai assisté à la magie du printemps au jardin. Comme beaucoup certainement j’ai aussi eu de longues réflexions politiques pour tenter de faire le bon choix.
A 100 à l’heure je vous dis, avec les émotions fortes qui accompagnent ce genre de rythme effréné et les coups de fatigue.
Aujourd’hui dans cet aéroport grouillant, je me retrouve étonnamment enfin seule et je me rends compte que ce qui m’a manqué pendant ces deux mois pourtant si riches ce sont ces deux heures de solitudes que je suis en train de vivre. Deux heures pour faire le point, deux heures pour reconnecter avec ma créativité,  deux heures avec rien d’autre à faire que regarder le monde et mes pensées. Deux heures loin de mes repères  pour faire de la place et repartir gonflée à bloc !  »

Je vous écrivais ça donc, et pendant que je rêvassais ainsi sur la fureur de la vie, je ratais avec beauté mon avion.
Parfaitement.
Happée par la quiétude de ces deux heures de solitude, je ne me suis pas rendue compte que finalement mon vol embarquerait d’une autre porte et je n’ai pas entendu les appels. Quand j’ai commencé à me rendre compte que quelque chose clochait il était trop tard.
Bon je vous passe l’heure de stress « oh mon dieu comment je vais faire, et les bagages et prévenir Camille,  et je vais dormir où » et la phase de grande vexation « comment c’est possible d’être aussi c…… » je les ai passées ça va mieux ! Je suis en attente sur un vol à 20h50 et au pire je partirai demain matin. Un pas à la fois… 😉
Mais là tout de suite je me dis que peut-être l’univers a pensé que j’avais besoin d’un peu plus que deux heures de solitude au milieu de l’aéroport et il m’en sert quelques unes sur un plateau d’argent !
A très vite je l’espère depuis le sol estonien !

Cet article a 4 commentaires

  1. Merci Stéphanie pour ce long courrier.Déjà, tu me manquais,sachant que tu partais aujourd’hui.Je n’ai pas pensé que tu nous écrirais de l’aéroport.J’étais très contente d’avoir de tes nouvelles.Catastrophée d’apprendre que tu avais raté ton avion.C’est trop bête ! Il m’est arrivé la même chose,sauf qu’il s’agissait d’un train,la fois où je me suis rendue en Suisse et que la personne qui devait m’emmener en voiture de la frontière à BERNEX,m’attendait à Evian.Le train était sur le quai,à Lyon et je ne suis pas montée.Ma belle-soeur,car c’était elle qui m’attendait,était en colère après moi.
    Tu parles d’un beau projet d’écriture que l’on t’a proposé,j’ai hâte d’en savoir plus.Fais attention ! je vivais aussi à 100 à l’heure,…et c’est comme ça que je suis rentrée dans le mur.J’ai mis beaucoup de temps à m’en remettre.Mais il m’a fallu connaître cet épisode de ma vie,pour que j’apprécie l’instant présent…et me rendre compte que mon métier était très beau,mais que moi , je comptais aussi beaucoup et que je devais penser à moi. J’espère que tu as récupéré tes bagages.Bonne route et à bientôt. Hélène

    1. Merci beaucoup Hélène, oui ce sont de petites mésaventures pas trop graves ! Et oui tout va bien ! Merci !

  2. Franchement? J’Adore! Je vois bien le début d’un bouquin là dans toute cette histoire;)
    J’aime aussi ces p’tits moments de solitude à ramasser des coquillages en prenant le temps d’écouter les vagues, les mouettes, de regarder s’envoler un cerf-volant dans le vent, d’écouter des rires d’enfants… En prenant le temps au temps tout simplement…:)

    See you soon:)

    Bisous!

    Marielle.

    1. merci ma petite Marielle pour tous tes mots doux déposés ici. Je les prends comme de précieux encouragements ! gros bisous !

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