Avoir des enfants qui deviennent adultes c’est tous les jours devoir trouver la juste distance.

C’est être un funambule sur son fil qui se demande s’il va poser son pied au bon endroit afin de garder l’équilibre.

C’est être là parce que parfois ils ont encore besoin de nous, mais attendre qu’ils réclament sans devancer trop les demandes.

C’est leur faire confiance et avoir la foi qu’avec tout ce qu’on leur a appris et transmis, qu’avec tout ce qu’on a partagé, ils auront les armes pour s’en sortir quoiqu’il arrive.

C’est savoir se passer de leur présence et y goûter délicatement quand on a la chance d’en profiter.

C’est aussi, quand ils sont plusieurs, apprendre à faire différemment avec chacun.

Car nous le savons, aucun enfant ne ressemble à l’autre et n’a les mêmes besoins ni les mêmes attentes vis-à-vis de ses parents.

Et c’est, bien sûr, au milieu de tout ça, prendre en compte nos propres envies et affronter nos peurs.

 

Je trouvais ça fatigant quand ils avaient deux ou trois ans.

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Quand numéro trois hurlait tous les jours (sans aucune exception sinon ce ne serait pas drôle) dans l’escalier de l’immeuble en rentrant de l’école juste pour affirmer sa personnalité. Qu’il hurlait tellement fort que la voisine du premier sortait pour voir ce qu’il se passait et lui filait des bonbons en douce (le pauvre chéri) pour le calmer (c’est sûr la bouche pleine ça fait tout de suite moins de bruit).

Ou que du haut de ses mêmes pas deux ans, numéro un faisait une fugue en quittant mon école en douce lors de la préparation de la fête de fin d’année et que je la récupérais complètement affolée (la mère, pas la fille) in extremis au bord de la grande route, oui oui, celle où les camions passent à vive allure. « Mais qu’est-ce que tu fais là ? » « Je rentre à la maison, j’en ai marre. »

Ou que numéro deux n’arrêtait pas de parler une minute de son retour de l’école (petite section) jusqu’à son coucher en racontant dans les moindre détails tout ce qu’une certaine Coline P. avait fait dans la journée de classe. Jusqu’à finir par le désormais célèbre « Et ben Coline P, et ben, et ben… Coline P. et ben elle s’est baissée ! » (je n’oublierai jamais Coline P. et ses exploits incroyables aux yeux de ma numéro deux de trois ans !)

Oui c’est vrai c’était un peu (beaucoup) fatigant. Mais je savais où était ma place. C’était simple. Je fixais un cadre aimant et rassurant et j’étais là auprès d’eux chaque jour pour passer les différentes étapes.

 

Aujourd’hui tout est beaucoup plus flou. Leurs allers-retours de la maison, mon faux-départ à la campagne qui restera toutefois un vrai départ de Strasbourg et qui a signé une étape dans notre relation, leur demande que je vienne revivre plus près (que j’ai entendue, je cherche un logement moins loin de Strasbourg) pour que nos retrouvailles soient facilitées, mon envie de les voir souvent, leur besoin de vivre leur vie, les nouvelles habitudes qui se mettent en place. Rien n’est écrit à l’avance. Nous ne sommes plus une entité de quatre personnes mais quatre entités différenciées qui s’aiment et qui cherchent leur équilibre dans cet amour. Dans un tâtonnement de chaque jour.

Une belle leçon de lâcher-prise et de foi en l’amour inconditionnel qui circule entre nous pour moi.

Une beau chemin vers l’indépendance pour eux.

Et la juste distance à trouver pour chacun de nous !

Belle journée à tous.

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