Hier après-midi je survolais mon compte Facebook (un peu dépitée de nos portes ouvertes annulées au jardin pour cause de mauvais temps) quand je suis tombée sur une vidéo en direct de la passation de pouvoirs entre les deux présidents de la République. C’était un plan très long dans lequel on voyait la nouvelle première dame traverser une grande cour puis arriver sur le tapis rouge, monter de grands escaliers puis traverser un grand hall carrelé. Je me suis arrêtée là (oui je le reconnais je n’ai vu que cet extrait de la passation de pouvoir, ah ah ! ). Et pendant ce long plan, alors que je regardais cette femme deux pensées me traversaient :
– la première c’est que j’avais vraiment peur pour elle, qu’elle se casse la figure, qu’elle trébuche, qu’elle glisse, juchée qu’elle était sur d’immenses talons. Mais non, elle a fait le travail, impeccable, pas d’hésitation, pas de tremblement, elle a traversé cette cour interminable sans un faux-pas (ouf pour elle !).
– la deuxième c’est que je ne pouvais en rien m’identifier à cette femme (ainsi qu’à toutes celles qui lui ont précédé) et que je n’étais certainement pas la seule dans ce cas.
Subrepticement l’idée que je ne pourrai jamais être la première dame s’est installée.
A l’insu de mon plein gré. Jusqu’à ce que j’en prenne conscience un peu plus tard et que je m’énerve vraiment contre cette part de moi qui se compare et qui se trouve moins bien.
Non mais ça va pas la tête ?
je ne serai pas la première dame...
Déjà je trouve pas ça cool de se projeter comme première dame, j’ai fait des études, je suis intelligente, je suis capable de travailler beaucoup (j’évite parce que j’aime prendre le temps de vivre mais je peux le faire), je comprends les choses quand on me les explique, je me tiens informée sur l’économie, la situation politique et sociale, donc pourquoi je me projeterai en première dame ? Non petite part qui se compare, si tu veux le faire, au moins compare-toi au président de la République, même si c’est pas facile, vu que, ah oui, c’est un homme.
Ensuite je ne ressemble en rien à cette femme (et ces prédécesseures, c’est plus une histoire d’image que de personne vous l’aurez compris) et à ce qu’elle est censée représenter : l’élégance à la Française, le chic parisien, la classe, le bon goût etc. Je ne lui ressemble pas c’est certain, mais surtout je n’ai pas envie de lui ressembler.
Je ne lis aucun magazine féminin, même alternatif du type Cosette. Je ne m’y reconnais pas et je trouve ça ennuyeux. Je ne m’intéresse ni aux vêtements, ni aux chaussures, ni au maquillage, ni aux sacs à main, ni aux parfums… enfin à toutes ces choses que l’on trouve dans les magazines féminins, eux qui véhiculent justement le bon goût, la classe, l’élégance et tutti quanti.
J’aime mes cheveux blancs, j’aime ma peau sans artifice et mes cernes, elles me rappellent que je dois me reposer, j’aime être confortable dans mes vêtements et mes souliers, j’aime pouvoir tout faire quand je les porte, danser, sauter, bricoler, faire du vélo. Vivre en somme. J’en achète seulement quand les précédents sont très usés (pas par souci d’économie, mais simplement parce que je n’ai pas envie d’aller dans les magasins). Parfois je ne m’épile pas pendant 3 mois. Je ne suis pas une militante du naturel, non, mais tout simplement je n’ai pas envie de passer des heures dans ma salle de bain. Ce n’est pas comme ça que je vis ma créativité. Ni ma féminité.
Et ce qui m’attriste vraiment au fond, c’est que le modèle de féminité qu’on nous présente inlassablement est toujours le même. La société semble évoluer vers plus d’égalité ou d’équité mais toujours la femme doit se parer pour qu’on lui reconnaisse une féminité. Certes ce n’est pas forcément en tailleur et sur des talons hauts comme la première dame qu’on nous la présente, mais il y a quand même toujours quelque chose de cet ordre… quelque soit le style, la féminité passe par l’apparence. Par un bijou, un foulard, un tatouage, un certain style de maquillage. Une coupe de cheveux, une hauteur de talon, une couleur de fard à paupière. Ou alors on tombe dans la caricature de la babacool en sandale avec big-touffes sous les bras. Que l’on moque évidemment. Mais qui n’est pas moi non plus.
Je me sens femme jusqu’au bout de mes ongles coupés courts et non vernis. Je me sens femme dans mes vieux jeans et mes baskets. Je me sens femme avec mes longs cheveux blancs qui n’ont pas vu un coiffeur depuis 4 ans. Je me sens femme dans toute ma vérité et bien au delà de mon apparence.
Il n’y a que lorsque je tombe sur une émission de TV au détour d’une vidéo ou que je feuillete un magazine dans la salle d’attente du dentiste que le doute s’installe parce que je me confronte à des images de femmes si loin de moi.
Alors non je ne serai jamais première dame c’est certain mais je rêve d’une France où la présidente de la République pourra venir faire la passation de pouvoir dans des chaussures confortables et dans son jean préféré. Et en attendant j’essaie d’être pleinement moi et de ne pas céder à la pression sociale et à ma petite voix qui se compare !
PS : dans quelques jours je relance la retraite créative “vivre mon rêve”. Elle durera deux jours cette fois et aura lieu le 27 et 28 Mai 2017. Un fabuleux cadeau de fête des mères à vous offrir ou vous faire offrir ! Pour ne pas rater l’ouverture des inscriptions inscrivez-vous à la newsletter : https://creretc.activehosted.com/f/…

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