Je suis une grande impatiente devant l’éternel. Quand j’ai une idée, j’aimerais pouvoir la réaliser et voir le résultat tout de suite. Quand j’ai envie de quelque chose, je voudrais pouvoir l’avoir dans la minute. Quand j’entreprends une aventure j’aimerais réussir illico presto. Quand je randonne, si je pouvais éviter la partie fatigante où je n’arrive plus à respirer et être tout de suite devant la belle vue au sommet, ça m’arrangerait. Quand j’apprends un pas de danse, ça m’énerve si je n’y arrive pas du deuxième coup (oui parce que je sais bien que du premier c’est quand même très rare ah ah!) Et si cet article pouvait déjà être écrit et posté ce serait pas mal non plus, vous voyez.
Bon vous allez me dire, ça, ce n’est pas être impatient, c’est être une feignasse ! Et vous n’aurez pas tout à fait tort.
C’est vrai qu’il y a un peu de ça dans l’impatience, une petite dose de découragement devant l’effort à fournir. Mais il y a aussi une forte projection sur le résultat à venir du type « la vie sera tellement plus belle une fois que j’aurai atteint cet objectif » : une fois que je serai au sommet de la montagne, une fois que je gagnerai tant d’euros par mois grâce à mon entreprise, une fois que je saurai danser tous les pas du deuxième coup, une fois que vous pourrez lire cet article… J’imagine les choses, je vois comment sera ma vie quand j’aurai réalisé mes objectifs, et j’en oublie que « l’important, ce n’est pas la destination, mais le voyage en lui-même » (Robert Louis Stevenson) et que c’est à chaque étape de l’exécution d’un projet, quel qu’il soit, qu’il y a de belles choses à ressentir, à expérimenter, à apprendre.

« l'important, ce n'est pas la destination, mais le voyage en lui-même » (Robert Louis Stevenson)

Au printemps j’ai entrepris de déménager en colocation à 60 kilomètres de chez moi. J’ai signé là, avec beaucoup de joie, un grand chambardement dans ma vie. Je passe de la grande ville au petit village de campagne, d’un appartement sans balcon au troisième étage à une grande maison avec jardin (et même champ!), d’un quartier dans lequel je vivais depuis 10 ans à un village où je ne connais personne, d’une vie avec mon fils et périodiquement l’une de mes filles à une vie de célibataire sans enfant, d’un appartement où j’étais le seul maître à bord à une colocation. Finalement chambardement c’est un peu faible, on pourrait dire plutôt tsunami non ?
Bref, j’ai longuement imaginé ma vie dans cette maison. Avec son potager, son compost, son intérieur douillet, son colocataire sympathique, ses voisins non moins sympathiques, mes nouvelles habitudes… Je l’ai imaginée, je me suis projetée à fond, parce que j’en avais besoin pour me lancer dans l’aventure et oser vivre mon rêve.
Et alors vous ne devinerez jamais, un peu plus d’un mois après mon installation ça ne ressemble pas du tout, mais alors pas du tout à ce que j’avais imaginé !
Je vous vois sourire hein et vous aurez raison. Dans ma projection de ma nouvelle vie dans ma belle maison j’avais oublié le voyage, je n’avais pensé qu’à la destination. Bon je ne l’avais pas complètement oublié, il y a des limites à ma naïveté mais quand même exit la longue marche avant le sommet, exit le travail avant de maîtriser le pas de danse, exit l’écriture et les relectures avant de poster un article.
Et donc la vie, depuis quelques semaines me rappelle qu’il va y avoir un long et beau voyage. J’avoue pendant quelques jours je n’étais plus très sûre de vouloir de ce voyage. Découragement à tous les étages. Et puis, et puis les mots de Stevenson se sont rappelés à moi, et le voyage a commencé, petit pas après petit pas !

Je vous embrasse !

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