Je vis le quatrième jour de mon séjour d’automne montagnard et pour l’instant j’ai une chance incroyable avec le temps vraiment estival. Je me balade donc tous les jours et comme je souhaite aussi travailler (et donc me garder de l’énergie pour cela) j’ai décidé d’explorer les chemins autour du village sans trop m’en éloigner. Je les connais déjà pour certains, j’en découvre d’autres. Aujourd’hui je suis montée sur le plateau qui surplombe le village. Une belle petite grimpette d’un peu plus d’une heure pour arriver sur un plateau qui mène ensuite à deux lacs dont celui dont je vous parlais dans mon article « Et si je laissais pousser mes racines ». Aujourd’hui, comme j’étais partie plus tard car j’avais bossé pour le prochain atelier, je ne suis pas allée aux lacs, j’ai bifurqué en bordure du plateau pour explorer un sentier que je n’avais jamais pris et rallier une crête qui mène à une brèche pour ensuite redescendre vers le village.

Je me suis fait deux réflexions sur le chemin.

La première c’est que le corps et l’esprit oublient vite les difficultés. Ça, c’était pendant la montée bien sûr. Dans mon souvenir, (pas si lointain, puisque je l’avais fait cet été pour aller aux lacs) elle était moins longue et moins raide. Quoi ce n’est pas après ce virage le petit banc qui indique que le plus gros est fait ? Non ? Ni après celui-ci ? Tiens j’aurais pourtant cru. Aussitôt le banc ou le panneau indiquant le but que l’on s’était fixé en vue, les jambes deviennent plus légères, le souffle moins court, et instantanément ou presque on oublie qu’on en a quand même un peu bavé. Ne reste que les courbatures dans les cuisses le lendemain pour nous rappeler l’effort et quelques jours après plus rien. Juste le souvenir de la vue somptueuse et de ce renard magnifique, surpris dans les rochers qui m’a observée un petit moment du coin de l’œil avant de prendre la fuite.

La même amnésie (à une autre échelle tout de même) que pour les accouchements. Si l’on se souvenait précisément de la douleur et de toutes les étapes pas toutes vraiment glamour d’un accouchement, je ne pense pas qu’on pourrait recommencer.

Ou même des études, qui demandent tout de même beaucoup de travail. Pour ma part je me souviens de mes bonnes notes (j’ai oublié les autres ah ah), de ma joie lorsque j’ai appris que je validais ma licence puis mon master 1 du premier coup, des belles rencontres que j’ai faites et du plaisir intellectuel suscité par certains cours. Il faut vraiment que je fasse un effort de mémoire et d’exhaustivité pour ensuite me remémorer les heures à faire des petites fiches, à écrire des dossiers sur des sujets plus ou moins intéressants et à potasser les cours auxquels je n’avais pas pu aller car je travaillais.

Amnésie donc qui nous permet de recommencer, repartir pour de nouvelles randos, faire plusieurs enfants et toujours nous lancer dans des projets un peu fous.

La deuxième c’est que heureusement, avec l’expérience, on peut mieux gérer les moments difficiles et les imprévus.

Mes explorations de cet été et de ce début de séjour me permettent d’avoir une représentation mentale de ce petit coin de montagne de plus en plus précise. Maintenant même s’il tarde à apparaître je sais qu’après le banc, c’est moins raide ! J’ai des repères visuels dans le paysage qui me permettent de savoir où je suis, et combien de temps il me reste à marcher. Quand je vois un embranchement de deux chemins, je sais où chacun d’entre eux mène sans avoir besoin de sortir la carte. Je peux ainsi créer plusieurs variantes plus ou moins courtes d’une même rando et m’adapter à ma fatigue, au travail qu’il me reste à faire ou à la météo . Et surtout je sais, car j’en ai un souvenir très fort que ça en vaut le coup. Et ce savoir là, en montagne comme dans la vie est le plus précieux pour avancer. C’est parce que l’on sait le plaisir d’avoir un bébé dans ses bras que l’on peut vivre un deuxième accouchement. Et que l’on sait la joie de l’accomplissement et de la réussite que l’on peut se lancer dans de nouveaux projets, malgré les éventuels échecs et les coups durs !

Je vous souhaite des sommets qui vous donnent l’envie de recommencer et des chemins riches en apprentissages !

Belle journée à tous

montagne

 

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