[Le 26 décembre je me suis envolée vers  Bobo Dioulasso via Ouagadougou au Burkina Faso. C’est mon troisième voyage vers ce petit pays d’Afrique de l’Ouest? J’ai écrit ce texte à la veille de mon deuxième voyage. Je te souhaite une bonne lecture !]

En dehors d’un séjour de deux semaines en Tunisie lorsque j’avais huit ans (et dont je garde très peu de souvenirs) je n’avais jamais mis les pieds en Afrique avant l’année dernière. Et je n’avais pas vraiment l’intention de les mettre. Il a fallu que ma fille y rencontre l’amour et la motivation de connaître mon futur gendre, pour que je me décide à fouler un bout de terre de ce grand continent, à savoir la terre rouge du Burkina Faso.

Il faut dire que ce que je savais de l’Afrique ne m’incitait pas à y aller faire du tourisme. Cela me paraissait tellement loin de moi que je ne pensais pas trouver un quelconque plaisir ou même intérêt à y partir en voyage.

Jusqu’à il y a dix ans environ ma connaissance de l’Afrique se résumait au folklore que l’on trouve parfois dans la littérature enfantine (le premier livre lu en autonomie par mon fils s’appelait « ma chèvre karam karam » et était un exemple typique du genre) ou les dessins animés comme le célèbre Kirikou sorti au cinéma quand ma fille aînée devait avoir cinq ans. C’est une Afrique faite de petits villages de cases, de pirogues sur des fleuves peuplés de crocodiles et d’hippopotames, de tissus colorés, de boubous et de sorciers enchanteurs. Une Afrique comme elle était peut-être il y a deux cent ans avec certainement une touche de romantisme ajoutée par les occidentaux qui créaient ces œuvres.

Il y avait aussi ce que me racontaient mes amis partis en coopération. Souvent ils s’engageaient pour« aider » l’Afrique et revenaient donc avec des récits peu engageants, parlant de pauvreté ou de guerre. J’avais par exemple un couple d’amis partis au début des années 2000 enseigne rquelques années à Luanda, capitale de l’Angola. Leurs mails mensuels, parlaient du fait qu’il était obligatoire pour eux d’avoir un gardien en arme devant la maison, qu’il y avait régulièrement des coups de feux durant la nuit et qu’ils ne pouvaient circuler que sur une bande de quelques kilomètres carrés le long du littoral à hauteur de la ville car tout le reste du pays était miné et non sécurisé.

S’ajoutait à cette vision celle de mon adolescence. J’avais comme tous les gens de ma génération été émue devant les famines en Ethiopie et acheté le 45 tours de « We are the world » du collectif des chanteurs américains mené par Michael Jackson et celui des chanteurs français pour l’Ethiopie. Quelques années plus tard, avec ma première classe, nous avions réuni du riz (pour la Somalie je crois) répondant à l’appel de Bernard Kouchner.

En résumé, l’Afrique pour moi c’était des maisons au toit de paille, des rivières remplies de crocodiles et la guerre et la misère à tous les coins de rue.

A cela s’est ajouté depuis dix ans environ, une mauvaise conscience, culpabilité héritée ducomportement de la France envers l’Afrique. A travers diverses émissions de radio, des documentaires (dont le fabuleux Afrique 50 de René Vauthier), quelques articles du monde diplomatique j’ai compris que la responsabilité de la France dans la situation de pauvreté de l’Afrique ne s’arrêtait pas à la période de la colonisation et était toujours d’actualité. Qu’avec une autre politique, le destin de ce continent pourrait être tout autre ! Cette nouvelle compréhension des relations internationales ne m’a pas plus encouragée au voyage… j’avais du mal à assumer, en tant que blanche occidentale, ma part de responsabilité et ne m’imaginait pas jouer les touristes comme si de rien n’était…

Même la pratique des danses d’Afrique de l’Ouest et la passion de ma professeur pour ce petit pays qu’est le Burkina Faso ne m’a pas donné envie d’en découvrir plus. La danse me plaisait, je commençais à reconnaître certains rythmes, certains pas, mais cela suffisait à mon bonheur.

Il a donc fallu que l’Afrique vienne me chercher dans ma sphère intime pour que je fasse tomber toutes mes résistances et mes images d’Epinal et que je m’envole vers elle un jour de Juillet 2017.

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