Hier je vous parlais de la liste de mes envies que j’avais écrite le matin dans mon journal. Et ce matin deux de ces envies sont réapparues en filigrane dans mon écriture matinale, à savoir « lire plus de livres » et « envoyer et recevoir plus de lettres » . D’une manière assez fortuite d’ailleurs. J’écrivais les banalités extraordinaires du jour (on peut résumer ainsi les pages matinales parce que souvent on y ressasse les mêmes vieux discours et pourtant il en naît parfois de la magie) et dans un des mots j’ai tracé mon f d’une façon inhabituelle. Je l’ai fait beaucoup plus arrondi qu’à l’ordinaire. Et là, flash-back de 30 ans, je me suis retrouvée adolescente avec à la main la lettre d’une copine rencontrée dans un stage de jazz avec qui j’avais ensuite entretenue une longue correspondance épistolaire. Ce f était son f.

Et d’une image à l’autre je me suis repassée ma vie d’adolescente. Le lycée, la musique qui me prenait beaucoup de temps, les longues heures passées à lire sur mon lit en écoutant Dire Straits ou Springsteen et enfin, les lettres que j’écrivais et que je recevais. Ainsi se résumait ma vie. Je sortais assez peu, les copains je les voyais au lycée ou à l’école de musique car nous habitions tous dans des villages différents et je n’avais pas de moyen de locomotion autonome (traduction une mobylette, le vélo étant proscrit dans les Alpes à part si on s’appelait Bernard Hinault (oui je vous rappelle qu’on était dans les années 80 ah ah! (j’aime beaucoup les parenthèses ce matin.))).

J’ai du aller dix fois au cinéma dans mon adolescence c’était une sortie de fête, on ne se faisait pas un petit ciné l’air de rien comme peuvent le faire les citadins (je me suis bien rattrapée par la suite!)

Nous n’utilisions le téléphone que pour échanger des informations de la plus haute importance… et si d’aventure on essayait de papoter tranquillement, la police parentale chargée du porte-monnaie intervenait et posait des restrictions sur l’accès au combiné. La télévision était familiale et dans le salon donc finalement pas très intéressante pour un adolescent. En tout cas j’ai très peu de souvenirs forts d’émissions de télévision durant cette période à part la retransmission du concert de Live Aid en 1985 à Wembley, que mon père avait enregistré et que j’ai regardé (en cachette bien sûr) plus que de raison, parce que le duo Knopfler-Sting sur Money for Nothing m’enthousiasmait au plus haut point. Et puis aussi Roland Garros mais juste parce que j’étais amoureuse de Boris Becker (on a des goûts un peu bizarres quand on est adolescent, non ?) et c’était une bonne excuse pour prendre des pauses pendant les révisions du bac de français.

On avait un ordinateur quand même mais il fallait mettre des cassettes dedans et le seul jeu qu’il proposait était au final assez peu divertissant !

nostalgie

Tout ça pour dire que mes grandes émotions d’adolescence je les dois à la lecture des romans que je dévorais. Je me souviens en seconde notre prof de français nous avait donné une longue liste de tous les ouvrages qu’il serait bon que nous ayons lu. Je n’en suis pas venue à bout mais j’en ai lu quand même un bon nombre, de Giono aux Rougon-Macquard en passant par Les chroniques Martiennes.

Mon autre source de distraction était donc vous l’aurez deviné les longues lettres que j’écrivais et que je recevais en retour des miennes. Le facteur était bien occupé avec moi, d’ailleurs je n’oubliais jamais de lui écrire un petit mot d’encouragement sur mes enveloppes. Tous les étés je partais en séjour musical où je me faisais de nouveaux amis. Le seul moyen que nous avions ensuite d’entretenir ces amitiés était de correspondre. Avec certains amis j’ai correspondu pendant trois même quatre ans à raison de deux voir parfois plus lettres par semaine. J’ai vécu ainsi à travers les lettres écrites et reçues de nombreuses joies et parfois aussi des déceptions et même des chagrins.

La lecture comme la correspondance ont pour moi une forte charge émotionnelle. A travers cette envie « de lire plus de livres » et celle « d’envoyer et recevoir plus de lettres », je pense qu’une partie de moi cherche à retrouver ces émotions intenses d’adolescence…

Mais peut-on un jour les retrouver ?

Et vous, quelles activités de votre adolescence aimeriez-vous retrouver ?

nostalgie

Si cet article vous a plu, n’hésitez pas à le partager sur Pinterest!

Laisser un commentaire

libero. ut Aenean quis, Praesent adipiscing quis Donec vulputate, commodo consectetur ut
×

Panier