J’ai écrit ce texte il y a pile un an !

Aujourd’hui, même avec une box, j’ai une connexion très faible et je dois souvent m’armer de patience pour travailler des images. Je ne fais quasimment plus de vidéo tellement il est long de les uploader. Je me suis adaptée mais il y a quand même des jours où je m’impatiente ! Avant-hier j’ai appris que la fibre arrivait dans mon immeuble ! Ô joie ! De quoi me faciliter la vie et aussi, alimenter quelque peu la dépendance dont je parle dans ce texte !

Ce matin j’ai passé au moins une heure à essayer de me connecter.

Depuis que j’ai déménagé et comme il y a un délai de trois semaines pour avoir une nouvelle box, j’ai accès à internet sur mon ordinateur par l’intermédiaire de mon téléphone grâce à cette fabuleuse invention qu’est la connexion partagée. Ce n’est bien sûr pas très rapide mais cela me permet de continuer à travailler et à vous envoyer les chroniques chaque matin. Quand les dieux de la 4G sont avec moi, je peux même regarder un petit épisode de série sur Netflix ! Mais ce matin, rien que nenni, les dieux font la grasse matinée ou boudent dans leur coin, même pas moyen d’aller sur ma boite mail, ni sur le téléphone ni sur l’ordinateur. J’ai eu beau me répéter que ce n’était pas grave que je pourrais toujours me connecter plus tard j’ai quand même essayé pendant une bonne heure. Et que je te réinitialise tout, et que je te coupe le wifi et que je le remets, et que je t’éteins l’ordinateur puis le téléphone… bref l’exemple parfait du non-lâcher-prise !

J’ai quand même fini par admettre que j’avais perdu ma bataille contre les dieux et me suis attelée à une activité ne nécessitant pas de connexion (parce qu’il y a quand même un certain choix dans la vie de tout un chacun). En épluchant les légumes pour faire une soupe j’ai médité sur cette dépendance qu’est la connexion internet et à quel point elle prenait de la place dans ma vie, puisque sans elle je ne peux pas effectuer une grosse partie de mon travail, et donc je ne peux pas gagner d’argent. C’est un choix que j’ai fait il y a deux ans, de ne travailler que sur le net. L’objectif était de gagner en liberté, de pouvoir travailler à n’importe quelle heure, n’importe quel jour sans par exemple avoir plusieurs rendez-vous hebdomadaires d’ateliers qui me forceraient à rester chez moi et m’empêcheraient de vadrouiller.

Et j’ai repensé à cette période de ma vie où j’ai eu l’illusion que je pouvais me libérer de toute dépendance. Je voulais être libre de tout. Je sortais d’une dépression, je regoûtais avec joie à la vie, je n’avais plus de travail salarié, mes enfants étaient moins demandeurs de ma présence, et je me suis attelée à me délivrer des chaînes qu’il me paraissait encore avoir. J’ai arrêté des engagements associatifs qui ne me semblaient plus avoir de sens pour moi. J’ai arrêté complètement de fumer (je ne fumais déjà plus beaucoup à l’époque). J’ai beaucoup travaillé aussi sur les dépendances alimentaires. En l’espace de quelques mois, j’ai arrêté de boire du café puis de l’alcool. J’ai fait l’expérience d’une alimentation sans gluten ou sans sucre. Pendant quelques mois j’ai vraiment cru, très naïvement, à mon combat pour une liberté quasi-totale.

Bien sûr j’en suis revenue. Car je me suis rendue compte sur des petites choses qu’une dépendance souvent en remplaçait une autre, dans le domaine alimentaire par exemple. Lorsque j’ai supprimé le café je suis devenue accro à mon carreau de chocolat qui clôturait mon repas.

Je me suis surtout rendue compte qu’une liberté totale n’avait pas de sens et qu’elle pouvait être synonyme d’une grande solitude. Que ce soit vis-à-vis de la famille, des amis, ou même des connaissances, celles que l’on côtoie au travail ou dans une association. La solitude que je vis en ce moment même (et que je comble momentanément grâce aux contacts humains que je peux avoir par l’intermédiaire d’internet).

Je suis donc revenue sur mes besoins de liberté et sur ces soit-disant dépendances que peuvent être un travail fixe ou un engagement associatif ou même un verre d’alcool pour de grandes occasions, ce verre qui fait que vous faites partie du groupe et que vous pouvez trinquer au même titre que les autres.

Je suis heureuse d’avoir vécu cette période et de vivre aujourd’hui la solitude. Cela m’a permis de me rendre compte de mes besoins. Grâce à cette phase de ma vie, je suis prête à me fixer des contraintes, mais pas n’importe lesquelles. Celles qui pourront m’apporter une pleine vie, équilibrée, tout en respectant, de temps à autre mon besoin de liberté.

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